LE TELEPHONE
Alexander Graham Bell (1847 - 1922), comme son grand-père, se lance dans les méthodes d'enseignement pour sourds et muets et dans l'étude des mécanismes de la parole. En 1870, il se rend au Canada et en 1871, à Boston, ou il donne des conférences. En 1877, après avoir découvert que seul un courant régulier pouvait servir à transmettre la voix, Graham Bell produit le premier téléphone capable de transmettre et de recevoir la voix humaine, en respectant la qualité et le timbre.
Ayant fait cette merveilleuse invention très tôt dans sa vie, Graham Bell est vite financièrement indépendant. Le 9 juillet 1877, il fonde la Bell Telephone Company. En 1879, il s'établit à Washington où il se fait naturaliser américain. En 1891, il s'intéresse à l'aéronautique depuis la réalisation d'un cerf-volant jusqu'à la réalisation d'un hydroglisseur avec lequel sera établi un record mondial de vitesse. En 1910, il participe à la fondation de la National Geographic Society puis part faire le tour du monde. Quand il décède, il y a déjà plus de 14 millions de téléphones aux USA !
Dans les premiers postes téléphoniques, la voix fait vibrer une plaquette en bois solidaire de crayons en graphite. Les vibrations de ces derniers établissent un contact électrique imparfait et donc, une résistance variable. Des batteries envoient dans la ligne un courant électrique rendu variable (on dit "modulé") en traversant cette résistance. Le signal acoustique est ainsi transformé en un signal électrique analogique (car leurs variations sont analogues). Dans le récepteur, le courant électrique venant de la ligne téléphonique est envoyé dans un électro-aimant qui agit sur une plaque souple dont les vibrations reconstituent la voix.

Dans les années 1870, un service d'appel télégraphique est créé à New York. Les utilisateurs, à l'aide d'une manivelle, peuvent envoyer un signal au Central. Le nombre de tours indique d'ailleurs le service demandé (Pompiers, police, médecin, ...).
En 1877, ce dispositif est basculé en réseau téléphonique. Dans les centraux, l'établissement des communications se fait manuellement par des opératrices appelées les "Demoiselles du téléphone".

En 1889, un certain Almon B. Strowger, entrepreneur de pompes funèbres à Kansas City, invente le premier autocommutateur électromagnétique parce que l'opératrice du téléphone, épouse de son concurrent, dirigeait les clients éventuels vers le bureau de son mari !

L'invention de la lampe triode, en 1906, par l'américain Lee de Forest rend enfin possible l'amplification du signal téléphonique qui devenait trop faible au bout d'une quinzaine de kilomètres. On raccorde les centraux entre eux et on constitue un réseau national. Le premier câble français, de Paris à Strasbourg, est mis en service en 1924 puis celui de Paris Lyon, en 1925.

Jusqu'en 1950, l'établissement des communications téléphoniques internationales est réalisé manuellement par une opératrice. Il faut attendre 1971 pour que soit ouverte la liaison complètement automatisée entre la France et les Etats Unis.

En 1970, les liaisons entre les centraux électroniques sont numérisées en adoptant le dispositif de modulation par impulsions codées (MIC). Le signal vocal est représenté par des échantillons mesurés 8.000 fois par seconde et chaque échantillon est codé avec 8 éléments binaires (les bits). Ce dispositif fabriqué en grande série dans les puces électroniques permet aujourd'hui l'accès direct des abonnés à des liaisons numériques à 64 Kbit/s.

Dans l'organisation actuelle du réseau français, les communications avec le monde entier sont établies par sept centres spécialisés qui ont accès à tous les circuits internationaux (câbles coaxiaux, faisceaux hertziens, fibres optiques, satellites, etc...). C'est ainsi qu'aujourd'hui, un abonné du téléphone en France peut obtenir automatiquement un des 32 millions d'abonnés pour son pays ou encore l'un des 650 millions d'abonnés dans le monde...